Neuf siècles d’histoire
Née d’un don de bois aux moines au XIᵉ siècle, reconstruite au XIXᵉ, l’église de La Foye-Monjault veille sur le bourg et garde la mémoire du village.
Neuf siècles d’histoire
des moines à aujourd’hui
Le bois de La Foye (Faia, hêtre) fait partie des premiers biens donnés par le duc d’Aquitaine GuyGeoffroi-Guillaume à l’abbaye Saint-Jean-deMontierneuf de Poitiers qu’il vient de fonder. L’abbaye y envoie un moine, Pierre Crispeau (Crispelli, comme l’indiquent deux chartes de 1098 et 1106), homme de grande probité, pour y installer un prieuré.
Une charte de Montierneuf de 1130-1132 dit que Pierre Crispeau le construisit dès la première pierre et le dirigea très fermement pendant plus de 46 ans. L’église du lieu est confirmée par le pape Adrien IV en 1157, puis par le pape Alexandre III en 1178.
Apparaît en 1223 le nom de Faia monachalis et, quelques années plus tard, le nom francisé de Faia Monjault rappelant définitivement l’origine monastique du village. Jusqu’à la Révolution la Foye-Monjault a fait partie du diocèse de Saintes et le curé a été nommé par l’abbaye Saint-Jean-de-Montierneuf. L’église du prieuré a été l’église de la paroisse. Le prieur avait à La Foye-Monjault droit de châtellenie. L’édifice du prieuré était, semble-t-il, accolé au mur nord de l’église.
L’église actuelle
mobilier & trésors
Abbayes et prieurés ont été supprimés à la Révolution.
L’église préorale, en partie détruite au début de la Révolution, a alors été acquise par un particulier comme bien national. Elle sera remplacée au 19e siècle par l’église actuelle, construite au même emplacement avec les matériaux de l’ancienne église. La façade, renforcée aux angles par des contreforts plats, a une porte rectangulaire surmontée d’une croix, puis d’une baie et d’un pignon avec clocher-mur pour une cloche. En haut du pignon on lit l’inscription : F. Boté 1819.
La façade a été reprise en 1873. L’église a la forme d’un grand rectangle se terminant par le mur du chevet. Une sacristie a été reconstruite en 1894-1895. Chœur et nef mesurent environ 7 m de large sur 22 de long. Le chœur a été reconstruit vers 1829. Une tribune en bois, portée par quatre piliers, a été ajoutée en début de nef. L’église n’est éclairée que par la baie occidentale, les deux larges baies en son mur sud et par un petit oculus qui ouvre le mur oriental.
Le mobilier
De chaque côté de l’entrée, un bénitier est encastré dans le mur. Les fonts baptismaux, qui étaient autrefois près de l’entrée de l’église, sont aujourd’hui dans le chœur à gauche. Ils ont un décor en mosaïque alternant deux croix et deux poissons. Le poisson est un très ancien symbole chrétien : les lettres du mot grec signifiant poisson (ichtus ou mieux ιχθυѕ) forment les cinq initiales des mots Іésus Christ, fils de Dieu Sauveur.
La pierre tombale de Michel Gaultier, procureur et notaire, seigneur du Bail, décédé le 26 juin 1717 est vers le milieu de la nef à droite. Contre le mur nord de la nef est fixée la liste des 36 hommes « tombés au champ d’honneur 1914-1918 ».
A droite de l’entrée, un emplacement dans le mur sud de la nef correspond à l’installation à cet endroit d’un confessionnal pour ne pas gêner la vue dans une église alors trop petite pour le nombre de fidèles.
Le chemin de croix est fait de bas-reliefs polychromes.


L’autel
Le large autel en pierre du 19e siècle a été déplacé en avant du chœur pour permettre les célébrations face au peuple qui se généralisent après le concile de Vatican II (1962-1965) afin de favoriser la participation des fidèles. Lors de sa reconstruction, le chœur a été surélevé et deux marches le séparent de la nef.
Placé dans une niche du côté gauche du chevet, le tabernacle en métal est contemporain.
Un grand crucifix est au centre de ce mur du chevet, sous le petit oculus.
La niche du mur sud servait autrefois de lavabo pour le prêtre.

La cloche
La cloche a été installée en septembre 1886. Elle a été nommée Marie-Thérèse en l’honneur de Marie-Thérèse Bastard de Crinay, la marraine lors du « baptême » de la clocle.
Le bois de La Foye a été donné aux moines de SaintJean-de-Montierneuf en 1077 pour qu’ils le défrichent. Les moines ont une part essentielle dans la fondation et le développement du village. C’est tout naturellement que celui-ci sera nommé La Foye-Monjault.
Il est bon de rappeler ce rôle fondamental des moines dans l’évangélisation et l’expansion des campagnes, et ici en particulier avec le défrichement de la forêt d’Argenson : à côté de La Foye-Monjault, les prieurés de Marigny, de Gript, d’Usseau, de Priaire, de Jules à Granzay, des Hermitans ou Soussis à Belleville.








